Monchy-au-Bois possède une histoire riche, ancrée dans les paysages du Bas-Artois, et un patrimoine qui témoigne de la vie des générations qui s’y sont succédé. Des seigneuries médiévales aux découvertes archéologiques, en passant par l’église et la mairie, le village conserve les traces d’un passé dense et parfois méconnu.

Un village ancien au nom chargé d’histoire

Les plus anciennes mentions du village remontent au XIᵉ siècle. On retrouve tour à tour les formes :

  • 1036 : MONCHY – C. de St-Vaast
  • 1135 : MONCI. – C. Chap. d’Arras
  • 1315 : MONCHY. – F. d’Artois
  • 1469 : MONCHY AU BOIS – Id.

Le nom de Monchy viendrait des bois qui entouraient originellement le village. Dès 662, la localité apparaît sous la forme Monciacum nemorosum dans les archives de l’Abbaye Saint-Pierre de Corbie, attestant de l’ancienneté du site et de la présence d’une prévôté.

La seigneurie de Monchy-au-Bois

Pendant des siècles, l’abbaye de Corbie fut l’un des principaux propriétaires terriens du secteur. Dès 662, elle administre un vaste domaine à Monchy-au-Bois. En 1568, ses terres sont échangées avec l’Abbaye d’Arrouaise.

Parmi les seigneurs locaux les plus anciens :

  • 1225 : Nicolas de Beaucamp
  • 1283 : Thébald, sire de Berles, qui y établit une léproserie rue Saint-Ladre
  • D’autres familles notables, comme Beaufort (XVᵉ s.), Croy ou de Solre, ont également marqué l’histoire du village.

Le château… qui n’exista jamais vraiment

Contrairement à ce que laisse penser la toponymie, Monchy-au-Bois n’a jamais possédé de véritable château fort.

On y trouvait toutefois :

  • un manoir avec tourelle attesté au début du XVIIᵉ siècle,
  • une ferme seigneuriale rue du Presbytère (visible sur le cadastre de 1823),
  • en face, le fief de la Mayerie, propriété au XVIIIᵉ siècle de Charles François Joseph de Fromentin.

Ces bâtiments témoignaient de la présence seigneuriale mais ne constituaient pas un château à proprement parler.

Les Terribles : un surnom légendaire

Les habitants de Monchy-au-Bois sont surnommés « les Terribles », un sobriquet ancien dont plusieurs explications existent :

  • Les Monciquois étaient réputés fêtards, dotés d’un certain tempérament.
  • Une tradition évoque des archers extrêmement adroits, qui remportaient toutes les compétitions régionales.
  • Une variante plus rurale rapporte que les habitants déclaraient :
    « ch’est un terrible camp éd betteraves ou éd blé »,
    expression marquant l’importance d’un champ et devenue, au fil du temps, un surnom populaire.

Découvertes archéologiques

L’histoire locale est également éclairée par plusieurs découvertes majeures :

Les tombes d’époque romaine (1882)

Mises au jour à 1 km l’une de l’autre, elles ont livré plusieurs objets :
statuette en terre cuite de Vénus, fioles, miroirs, vases noirs, gris et rouges, disques de bronze, lampe en terre, monnaie de Posthume…

Les vases mérovingiens

Deux vases à haute épaule ondulée ont été découverts vers 1920 près de l’église lors de travaux. Ils témoignent d’une occupation du site au haut Moyen Âge.

On sait également que le village possédait un souterrain refuge, probablement utilisé en période de conflit.

L’église de Monchy-au-Bois

L’édifice religieux actuel est le fruit d’une longue histoire :

  • 1611 : construction de l’église
  • 1628 : érection du clocher
  • 1793 : destruction de l’église (sauf la tour)
  • XIXᵉ siècle : nombreux travaux (toiture, chœur, clocher)
  • 1863 : fonte et bénédiction de la cloche Henriette à Douai
  • 1914–1918 : l’église est entièrement détruite pendant la Grande Guerre
  • 1929–1933 : construction de l’église actuelle, en briques

La cloche, cachée sous les décombres lors de la Première Guerre mondiale, fut miraculeusement retrouvée intacte.

La mairie

La mairie actuelle fut bâtie entre 1925 et 1930, à l’emplacement d’une ancienne ferme seigneuriale.
La précédente mairie se situait près de l’actuel Monument aux Morts.

Un patrimoine vivant

Entre paysages, histoire religieuse, vestiges archéologiques et mémoire seigneuriale, Monchy-au-Bois offre un patrimoine discret mais riche, ancré dans la vie rurale et l’évolution du pays d’Artois. Le village continue aujourd’hui de valoriser ces traces du passé pour transmettre son identité aux générations futures.